Don Camino et le vélosolex

Les chemins partagés de l’af-ccc 12

Opération Don Camino

Comme vous le savez tous, la pandémie a mis à mal l’activité concernant les chemins de Compostelle et les associations qui les font vivre.

Danielle Brun-Vaunier nous transmet les informations de la  Fédération française des associations des chemins de Compostelle (FFACC) concernant un appel aux dons « opération Don Camino ».

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Les soucis actuels ne doivent pas faire oublier les bons moments. En été, sachons profiter de l’ombre pour apprécier le récit d’Alain Humbert :

« le vélosolex ».

Une nouvelle rencontre bien  surprenante !

En voici le début, le texte complet est en pièce jointe.

« Aujourd’hui, je quitte Fatima pour rejoindre Caxarias. C’est une petite étape d’une vingtaine de kilomètres qui doit me permettre de récupérer des forces après celle d’hier qui en faisait trente auxquels j’en ai ajouté cinq pour tenter de voir la maison natale des petits bergers, et que malheureusement je n’ai pas trouvée.  Je suis parti ce matin accompagné de deux pèlerins qui pérégrinent avec moi depuis 5 jours : Jean-Paul et François. Ce que nous ignorons au moment de quitter  le gîte, c’est qu’aujourd’hui nous allons connaitre une journée pas tout à fait ordinaire, une journée tout en surprises. Ça commence par la rencontre d’une bande de joyeux drilles qui marchent à l’inverse de nous, car ils font le chemin vers Fatima. Lorsque nous les rencontrons, ils s’apprêtent à faire une pause casse-croute sur une aire de pique-nique ; ils viennent à notre rencontre et nous proposent de partager leur petit déjeuner. Nous venons de prendre le nôtre il y a moins d’une heure, mais nous voyons bien que ce serait à coup sûr les vexer que de refuser. Après le jambon iberico, le café, les gâteaux, il y a chez eux un passage obligé auquel nous ne pouvons pas nous soustraire : la gnole ! Une gnole de cerise qui ne titre pas moins de cinquante degrés. Je dois dire qu’à 8 h du matin ça fait drôle ! Puis après les obrigados d’usage, chaque groupe se quitte, eux se dirigeant vers le sud et nous vers le nord.

La deuxième surprise de la journée ne se fait pas beaucoup attendre. Alors que nous nous sommes arrêtés dans une petite épicerie de village pour faire le plein de victuailles et que nous nous apprêtons à demander l’addition, le patron nous fait comprendre que la note c’est pour lui ; c’est cadeau ! Obrigado senor ; ce n’est pas une chose courante, mais je ne suis qu’à moitié surpris, car au Portugal, il y a de tels égards de la population par rapport aux pèlerins qu’ici rien ne m’étonne plus. Nous n’avions pas non plus un caddie plein, mais certainement une quinzaine d’euros chacun ! Celle-là on ne me l’avait jamais faite !

C’est le milieu de matinée et comme c’est souvent le cas depuis que nous marchons ensemble, c’est le moment où chacun repart à son rythme. Au bout d’un quart d’heure, je me trouve complètement distancé ; ils ont dû me mettre un kilomètre dans la vue ! Je marche souvent seul ; ça aide à la réflexion et on garde toute sa liberté, pour faire des pauses, pour contempler, pour prendre des photos…et le soir on se retrouve pour partager ensemble ces moments de convivialité qui n’existent que sur le camino. Repensant à ce qui nous est arrivé ce matin, je ne suis pas particulièrement superstitieux, mais je me dis qu’après deux bonnes surprises, selon le dicton, pourquoi pas une troisième ! »

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