Un peu de poésie

Envoi fourni aujourd’hui avec des sujets très diversifiés !

  •  Pour commencer, une proposition :

Le moment inédit que nous vivons peut engendrer chez certains d’entre nous un certain mal-être. Geneviève, adhérente à l’af-ccc, mais également psychanalyste, propose une écoute aux personnes rencontrant des difficultés lors de cette période actuelle de confinement. La parole est libératrice…
A votre demande par mail ou tél., je transmettrai à Geneviève votre numéro de téléphone. Geneviève prendra contact avec vous. La discrétion sera assurée de toutes parts.


  • Ce sont maintenant deux projets remis à des dates ultérieures qui nous sont transmis :

Adhérente à l’AF-CCC depuis quelques semaines, Marie-Pierre Pretot devait partir  « le 1er avril,  du Puy-en-Velay sur le chemin de St Jacques dans l’idée d’arriver à Compostelle le 17 juin, le jour de mes 60 ans ».
Elle nous envoie « une photo que j’ai prise, il y a 3 ans, sur le parvis de l’église romane de Nasbinals lors d’un tour des Monts d’Aubrac, je crois que c’est là que j’ai attrapé le « bon virus » du pèlerinage… »

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Marie-Pierre avait participé il y a peu de temps  « à un atelier d’écriture à Gréoux-les-Bains dans le cadre du printemps des poètes. Cette année, le thème est « le courage », était-ce prémonitoire ? Je vous transmets donc le petit texte – sans prétention – « Mère courage » que j’ai écrit à cette occasion ». 

Mère courage

A quinze ans, elle était revenue des camps et elle m’a fait connaître Bertolt Brecht.
« Cœur » et « force ».
Elle croyait en la vie, en la beauté des mots et des hommes.
Son rire si particulier était-il une façon de chasser ses peurs, de retrouver sa paix intérieure,
de se protéger de son passé et de se libérer ?
Je ne l’ai jamais su… mais peu importe, elle m’a aidée à grandir, à ouvrir les yeux
et à croire que tout est possible.
Mais peut-être était-elle aussi ma mère ?

Elle nous transmet également « un article trouvé sur le site de la Salamandre qui invite à l’observation de la nature et à la réflexion sur nos modes de vie ».

Le message du lézard

Confinement. Déplacements limités. Économie des ressources. Le lézard vert du jardin connaît tout ça. Ce midi, à l’abri de la bise, le sobre reptile s’expose à une source d’énergie gratuite.

Le voyage au jardin prend tout son sens en ce moment pour les plus chanceux d’entre nous. Certains vont et viennent encore pour maintenir la société debout, d’autres sont confinés dans un espace moins vert et plus restreint. Quelle période !

Dans la nature proche, rien ne change on dirait. Nos problèmes ne paraissent pas bouleverser le petit peuple de l’herbe et du sous-bois. En lisière abritée du vent, j’approche en quête du petit dragon local. Je connais la souche qu’il affectionne fidèlement. Le voilà ! Un mâle de lézard vert (ou « à deux raies » comme on dit aussi). Il mesure une vingtaine de centimètres. Sa peau reptilienne renvoie des couleurs éclatantes : bleu turquoise pâle à la gorge, vert vif sur le corps, reflet ocre dans le détail des écailles… Une merveille en plein soleil.

Dans son regard, je lis un message. Le message d’un animal habitué à vivre dans quelques mètres carrés, à se nourrir juste ce qu’il faut, à rester confiné des mois durant l’hiver enterré, à nouer peu de contacts sociaux et à économiser toute son énergie. Une énergie qu’il ne paie pourtant pas cher et qui lui vient en grande partie du ciel. L’animal solaire nous le dit : « Passez cette épreuve difficile pour votre espèce et réfléchissez ensuite, inspirez-vous de ma vie de reptile, je suis la sobriété incarnée« .

Peut-être que l’œil du lézard ne me disait pas du tout cela. Peut-être n’avait-il rien à dire. Mais c’est ce que j’ai entendu.

Jean-Philippe Paul

Autre projet annulé, celui de Jean-François Vitrey : « Les nouvelles se suivent et se ressemblent…. Je viens d’apprendre par le responsable des permanences de la Fédération Française des Association des Chemins de Compostelle (FFACC)  que ma semaine de permanence de juin était supprimée…tous les gîtes sont fermés depuis le début de la pandémie et jusqu’au 1er juillet  au Puy-en-Velay ».


  • Poursuivons avec la réflexion d’Antoine Robin sur la situation présente :

La charité, est-ce un bon guide ?
En ces temps fort peu ordinaires,
Moi, j’ai propagé le Covid
Sous le prétexte de bien faire :
La charité, ça rend stupide…

J’ai pris l’air avec un voisin,
Qui, confiné, perdait la tête.
Je suis allé voir un ancien,
Si seul en maison de retraite :
La charité rend assassin.

Bien sûr, j’ai pris mes précautions :
Masque et gel hydro-alcoolique.
Car je puis être, me dit-on,
Infecté asymptomatique.
La charité, ça rend couillon…

J’ai fait un stock de Plaquenil
Pour mes proches atteints du virus,
Sans savoir combien c’est utile
Aux malades atteints de lupus :
La charité, ça rend débile…

Plus tard, quand j’aurai sous les yeux
Le mal que j’ai fait aux soignants,
Je m’arracherai les cheveux.
Mais je resterai bienveillant,
Car, qu’on soit nigaud ou savant,
La charité, on n’a pas mieux…


Notre envoi du jour se termine par une bonne nouvelle : René Michaux vient de mettre le point final à l’édition 2020 du guide pratique en Franche-Comté. 
A trouver sans plus tarder dans la boutique.


et ci-dessous, la sixième étape de notre feuilleton quotidien « Péleriner confinés » par Denise Péricard-Méa

Nicole 


Péleriner confiné, étape n° 6

De processions en pèlerinages contre la peste

Reliquaire du chef de saint Jacques de Perpignan

A Perpignan le 17 août 1482, la peste fait des ravages :
Derrière la tête de « monseigneur saint Jacques (photo ci-dessus) […] samedi, le 17 août, on fit une procession avec grandissime dévotion : Maître Jean Androu, syndic en chef, y fut pieds nus, et quelques autres chapelains ; les consuls de cette ville de même, pieds nus, et le viguier et bien d’autres personnes avec des lumières allumées, en bon ordre, tous les hommes deux par deux et les femmes de même, sans parler l’un avec l’autre, sinon pour dire des prières ; et les enfants et les filles échevelées, et tous pieds nus, tous criant : « Seigneur, vrai Dieu, miséricorde ! » « Dieu veuille nous aider ! ».
Après la messe deux pèlerins sont envoyés à Compostelle : « cela fait, la procession s’en alla avec la Vraie Croix et avec la tête de monseigneur saint Jacques, jusqu’au portail du Poids, et lorsque les pèlerins furent hors du portail, ils prirent congé […] et prirent le chemin de Puigcerdà ».
Ils rentrent « samedi 19 octobre, sains et saufs […] La procession avec les honorables seigneurs consuls, selon la coutume, accueillit les pèlerins avec grand honneur […] puis on entre dans l’église pour la grand-messe, rendant grâces à Dieu de la grâce qu’il a faite à la ville au sujet des mortalités, et du fait que les pèlerins sont arrivés sains et saufs ».
Le 25 mai 1488 le même cérémonial s’est répété, suivi encore du départ de deux autres pèlerins pour Compostelle. Nous verrons dans les jours suivants que cette double démarche n’est pas isolée et que, inconvénient majeur, la peste va et vient tranquillement sur le camino francés.

Merci à tous les pèlerins confinés qui nous encouragent à continuer !

Denise Péricard-Méa
demain, la suite : Un remède contre la peste
retour à la première étape : Jérôme Münzer part précipitamment de Nüremberg

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