Avec Saint-Colomban dans le Sundgau – juin 2026

Soleil, convivialité et patrimoine : une randonnée réussie sur les chemins de Saint-Colomban.

Le dimanche 7 juin 2026, les Amis de Saint-Colomban, en partenariat avec l’Association Franc-Comtoise du Chemin de Compostelle, ont proposé une randonnée en boucle dans la forêt du Buergerwald, en Sundgau.
Treize pèlerins d’un jour ont répondu présent, guidés par Jean-Gabriel, pour un parcours alliant effort physique et découverte du patrimoine local.


Soleil, bonne humeur et convivialité étaient au rendez-vous pour cette marche de 21 kilomètres, avec un dénivelé positif de 850 mètres.
Le départ a été donné depuis le parking de l’église de Durlinsdorf.
Dès les premiers pas, l’itinéraire a emprunté sur près de la moitié du tracé le chemin de Saint-Jacques et la Via Columbani suivant le GR 532 jusqu’à Ferrette.

À 1,5 kilomètre du départ, les randonneurs ont fait une halte devant la Saboterie.

« Ancienne saboterie mécanique du XIXe siècle ; vers 1870, l’atelier se trouvait dans la maison. Selon un renseignement oral, une saboterie existait déjà au même emplacement en 1789. Une scierie a été ajoutée vers 1900. »

Le groupe poursuit sa traversée du bois et passe devant un très joli chalet-abri en bois. Parvenu au point culminant de la matinée, à 661 mètres d’altitude, il entame une longue descente qui mène, devant la colonie de vacances et l’auberge Don Bosco, jusqu’au centre de Ferrette.

S’ensuit une montée raide pour accéder au château de Ferrette. Le pique-nique est pris dans la cour du château.

Après cette pause bien méritée, les pèlerins partent à la découverte des ruines de ce monument empreint d’histoire.

Le château de Ferrette est mentionné dès 1105 comme possession des comtes de Montbéliard. Parmi eux, Frédéric Ier s’y installe vers 1125 et fonde le comté de Ferrette, l’une des plus puissantes seigneuries de Haute Alsace au Moyen Âge.

Par un jeu d’alliances matrimoniales au XIVe siècle, le château passe aux Habsbourg dans le Sundgau, ce qui permet d’abord sa restauration, puis sa reconstruction dans la seconde moitié du XVe siècle par l’engagiste (détenteur d’une partie du domaine royal) Jean-Jacques Fugger. Des travaux d’agrandissement et d’adaptation du site aux armes à feu sont également réalisés à partir de la seconde moitié du XVIe siècle.

Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), les troupes françaises parviennent à incendier le château supérieur en 1635. Au terme du conflit, les terres et droits des Habsbourg en Alsace passent au roi de France. Louis XIV gratifie d’ailleurs en 1659 son ministre Mazarin de plusieurs seigneuries, dont celle de Ferrette.

Au début de la Révolution française, le château inférieur est à son tour incendié par les révolutionnaires, entraînant son abandon définitif. Acheté en 1838 par le fabricant de papiers peints Jean Zuber de Rixheim, il est rapidement classé monument historique en 1842. Depuis, propriété privée, le château est vendu en 2011 à un particulier.

Anecdote à souligner : le prince de Monaco porte encore, parmi ses nombreux titres, celui de comte de Ferrette, suite au mariage en 1777 de son ancêtre Grimaldi avec l’héritière des Mazarin.

La visite s’achève par le passage dans un tunnel creusé sous le mur d’enceinte. S’ensuit un parcours assez difficile, alternant descentes et montées, qui mène à plusieurs points de vue remarquables, dont celui de l’Oratorio. Les pèlerins ont grandement apprécié la découverte de Ferrette sous des angles variés.

Nous sommes toujours dans les bois. La randonnée se poursuit en contournant le village par le sud, offrant une nouvelle fois de superbes vues sur le château. Après le croisement avec la D 532, une halte à l’auberge Don Bosco permet au groupe de souffler un peu avant d’entamer l’ascension du Roosberg et de sa tour. Les pèlerins les plus courageux réalisent alors l’ascension de celle-ci.

En 1901, un belvédère en bois fut érigé sur le Rossberg à l’initiative du Club Vosgien de Ferrette. Malheureusement, cette tour fut détruite lors d’une tempête au début de l’année 1905. Le Club Vosgien décida alors de la reconstruire, cette fois en métal, avec une hauteur de 16,70 mètres. L’inauguration eut lieu le 15 juillet 1906. En 1925, les escaliers en bois furent remplacés par des escaliers métalliques. Les derniers travaux d’entretien (peinture et remplacement des plates-formes) furent réalisés entre 1978 et 1988 par des membres bénévoles du Club Vosgien. En 2008, la tour a été entièrement rénovée, sécurisée et rehaussée pour atteindre une hauteur de 20 mètres. Le panorama depuis son sommet est exceptionnel : on y découvre le Jura, la Forêt-Noire, les Vosges et, par temps clair, les Alpes bernoises.

Nous continuons la randonnée toujours en forêt, alternant montées et descentes.
Encore de beaux points de vue sur les villages de Vieux-Ferrette et Koestlach avant d’atteindre les premières maisons de Durlinsdorf.

Arrivés devant l’église ; il ne nous reste plus qu’à gravir de nombreuses marches d’un vieil escalier herbeux pour rejoindre nos voitures.

Texte : Jean-Gabriel.
Photos : Jean-Gabriel, René

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