Légèreté et nature

Légèreté et nature, nous en avons besoin, et c’est le programme du jour.

Tout d’abord, je vous recommande de vivre 4 mn 30 en apesanteur avec la vidéo du réalisateur Cédric Klapisch qui a mis en scène les danseurs et danseuses du Ballet de l’Opéra de Paris, confinés chacun chez soi, sur la Danse des Chevaliers, extrait  de Roméo et Juliette de Sergueï Prokoviev. 

En ce temps d’arrêt des spectacles à l’Opéra national de Paris, des membres issus des trois corps artistiques de l’institution, l’Orchestre, les Chœurs et le Ballet ont tenu à remercier à leur manière tous ceux qui sont aujourd’hui en première ligne dans la lutte contre la pandémie.   

indique l’Opéra de Paris


Autre moment de bonheur, la nature en éveil chez Martine et René Michaux :

Nous avions bricolé un nichoir l’an dernier, à partir d’une ancienne maison jouet fabriquée pour les enfants par le papa de Martine. Le nichoir a été l’an dernier occupé par un couple de mésanges, mais étant sur les chemins, nous n’avons pas pu assister à l’envol des oisillons.

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En octobre dernier, nous l’avons nettoyé et équipé d’une caméra wifi alimentée par un panneau solaire.

Après les premières visites de reconnaissance dès janvier, le nichoir a commencé à être aménagé par un couple de mésanges à partir du 17 mars (comme c’est bizarre !) : mousse, brindilles et graines de clématite sauvage.
Une mésange s’y est installée pour y passer toutes les nuits à partir du 29 mars.

Et juste après Pâques, un peu en retard pour la chasse aux œufs, jeudi 16 avril, nous avons pu assister à la ponte.
Les images ne sont pas de grande qualité car la caméra de surveillance n’est pas conçue pour filmer d’aussi près, mais nous pensons qu’il y a entre 7 et 9 œufs.

Depuis, ça couve … avec parfois la visite d’une autre mésange (le mâle probablement), venant ravitailler la femelle qui reste le plus souvent au nid.
Normalement, nous devrions pouvoir assister à l’éclosion vers le 1er mai.

Le tout en vidéos, depuis les premières visites jusqu’à la couvaison :

Affaire à suivre….


Pour clore l’envoi aérien de ce jour,  Danielle Brun-Vaunier nous informe

d’une occupation utile proposée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) : le comptage des oiseaux de jardin. Si vous aussi, vous voulez participer au défi «  Confinés mais aux aguets ! »


et ci-dessous, la vingt-sixième étape de notre feuilleton quotidien « Péleriner confinés » par Denise Péricard-Méa.

Nicole


Péleriner confiné, étape n° 26

Mahaut d’Artois, pèlerine virtuelle

Le sceau de Mahaut d’Artois

Saint Jacques apparaît dans la vie de Mahaut d’Artois (v.1270-1329) dans la pire période de sa vie, faite de deuils, de scandales, de procès. Ses occupations ne lui ont sans doute jamais permis de penser à partir à Compostelle. Comme beaucoup de ses semblables, elle a souvent eu recours à des pèlerins par procuration dont beaucoup étaient des marchands, ou des ecclésiastiques qui étaient chargés d’aller porter ses offrandes.

Vue par Maurice Druon ou ” à travers ” saint Jacques

Princesse héritière du comté d’Artois, épouse du comte de Bourgogne, mère de deux reines, Maurice Druon a fait d’elle dans les Rois maudits une empoisonneuse, une spoliatrice de son neveu à qui elle aurait volé l’Artois, bref, une horrible femme responsable du début de la Guerre de Cent Ans.
Ses relations avec saint Jacques ne laissent apparaître qu’une femme, veuve très jeune, et une mère profondément malheureuse.

Premiers pèlerins par procuration

Le 4 juin 1305, sans doute pour sa fille Jeanne, elle envoie un pèlerin de

« Saint-Mandé à Saint-Jacques en Galice pour un vœu que Madame avait fait pour notre demoiselle qui était malade ».

Mais en février 1312, pourquoi expédie-t-elle deux pèlerins à Saint-Jacques ? La raison n’est pas donnée, mais elle est sans doute urgente étant donné la saison.

En 1314 intervient le scandale de l’adultère des trois belles-filles du roi Philippe le Bel, dont deux sont les filles de Mahaut, Jeanne et Blanche. Blanche est reconnue coupable et emprisonnée dans la forteresse de Château-Gaillard. Jeanne, après quelques mois en prison, est innocentée et retrouva sa place auprès de son époux. Leur cousine Marguerite, épouse de Louis X, est morte, étranglée en 1315 dans la forteresse de Château-Gaillard.

Pèlerin pour « Robert monseigneur »

En 1315, Mahaut, qui avait déjà perdu un fils au berceau perd son second fils, Robert, 18 ans. Après les funérailles, elle envoie un autre de ses serviteurs

« en pèlerinage à Saint-Jacques pour Robert, monseigneur ».

Saint Jacques apparaît ici comme l’intercesseur lors du Jugement dernier.
En 1317, Jeanne devient reine de France, son mari Philippe V le Long succède à son frère.
En 1318 Mahaut fait une riche offrande à l’abbaye d’Arras pour que soit fabriqué un reliquaire neuf pour le « chef » de saint Jacques.

Six femmes aux pieds de saint Jacques

Saint-Jacques aux pèlerins

En 1319 à Paris est construit le nouvel hôpital Saint-Jacques-aux-pèlerins. La fondation est faite pour « l’honneur de Dieu et de saint Jacques » et pour la confrérie des bourgeois. Trumeau et linteau du portail principale sont sculptés :

« un grand saint Jacques en son milieu, tunique dorée, la reine Jeanne à genoux devant lui, Mahaut d’une part et d’autre part les quatre filles de la reine, Jeanne, Isabelle, Marguerite et Blanche ».

Elles portent les noms de leurs mère, tante et cousine qu’elles semblent représenter au portail de Saint-Jacques. Ce type de représentation des donateurs est très nouveau, d’autant plus extraordinaire qu’il est composé de figures féminines, six princesses qui supplient l’apôtre d’intercéder pour Blanche et Marguerite et d’obtenir leur pardon.
Et la ronde des pèlerinages continue. Le 1er mai 1321, Yvon Le Breton le fourreur de Mahaut, reçoit à Compostelle un certificat attestant qu’il a effectué un pèlerinage

« … pour l’illustrissime noble comtesse d’Artois ».

Un autre encore en 1326, un autre en 1327.
Son gendre Philippe V est mort en 1322. Sa fille Blanche, épouse de Charles IV, emprisonnée voit son mariage annulé.
Mahaut aura encore le temps de la voir mourir en 1326.

Pèlerinages pénitentiels

Chapelle de l’hôpital Saint-Jacques aux pèlerins



En 1328, elle envoie cette fois un pèlerin en pèlerinage pénitentiel. Un chanoine de ses amis a subi un attentat. La même année, elle envoie de même deux autres coupables à Compostelle. Puis elle meurt en 1329, si brusquement qu’on a évoqué un empoisonnement.

S’est-elle recommandée à saint Jacques comme l’avait fait Saint Louis ?


Pour en savoir plus sur Saint-Jacques aux Pèlerins

Un article très complet d’Isabelle Rousselin dans la revue SaintJacquesInfo
et une notice descriptive du site d’Inventaire du patrimoine avec des liens vers d’autres enregistrements.
Tous les enregistrements de ce site ne sont pas en accès libre. Les pèlerins confinés qui souhaitent un accès gratuit pendant le confinement sont invités à le demander à recherche@saint-jacques.info


Denise Péricard-Méa
demain : Un archevêque de Compostelle né près de Rodez
retour à la première étape : Jérôme Münzer part précipitamment de Nüremberg

Cet article a 2 commentaires

  1. Marie-Claude Lewandowski

    Que c’est beau ! Merci…

  2. Pastori Sylvie

    Super, j’ai passé un moment bien agréable ! Merci

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