Bienvenue dans la Principauté de Montbéliard

Dès l’ouverture des portières de nos voitures, la pluie s’est arrêtée et les recrues du mercato hivernal ont pu poser devant le stade du FC Sochaux Montbéliard avant de recevoir des informations.

C’est le plus grand stade de Bourgogne – Franche-Comté disposant de 20 005 places assises  après une rénovation en 2000.

La fondation du FCSM date de 1928, durant 3 ans, le club jouait au champ de foire. Depuis 1931, le stade est à cet endroit, toujours à Montbéliard mais accolé à l’usine Peugeot.
Il portait le nom de ‘’Stade de la Forge’’. En 1945, il fut nommé ‘’Stade Bonal ‘’en hommage à cet ancien résistant mort en Allemagne, directeur de l’emboutissage des usines Peugeot et également ancien directeur sportif du FC Sochaux.

Il fut déporté, suite à de nombreux actes de sabotage, d’abord au camp du Struthof puis en Allemagne. En avril 1945, c’est la débâcle du côté allemand, les camps sont ouverts et en marchant vers l’ouest, Auguste Bonal croisa sur sa route des nazis qui revenaient de France et qui l’ont abattu.

Le 80ème anniversaire de sa mort a été commémoré le 23 avril 2025, ici, mais également à Bad Waldsee  en Allemagne.

A quelques pas du stade, nous découvrons la maison (vendue et en cours de rénovation) de la famille Roux, industriel horloger dont les ateliers étaient à 200 m de là, rue Joffre. Albert Roux dirigea l’entreprise de 1833 à sa mort (1872). M. Chabaud Latour assura l’intérim jusqu’en 1858 dès que le fils d’Albert (Amédée) put assurer la succession. La société fabriquait des mouvements de montre vendus dans le monde entier et employait environ 400 ouvriers en 1863. L’activité s’arrêta en 1929, il ne restait alors que 57 personnes.

Juste en face, nous découvrons une maison plus imposante, celle du Baron Édouard de Chabaud Latour dont la famille est originaire du Gard. L’avenue, bien connue à Montbéliard et ses environs, longe le stade Bonal jusqu’à cette demeure qui naturellement porte son nom. Édouard rencontra Albert Roux dans les cercles protestants de Paris, ils se lièrent d’amitié et il tomba amoureux de Sophie, la fille d’Albert qu’il épousa en 1856. Voilà la raison pour laquelle, le baron est venu vivre à Montbéliard. Cette maison, construite en 1868, comporte un escalier majestueux et une verrière remarquable. Elle est aujourd’hui occupée par l’Hôtel du Département. A côté on peut encore voir les écuries.

Maison Chabaud Latour

 

On longe le site Peugeot, installé à Sochaux depuis 1912,  aujourd’hui Stellantis, qui fut par un temps le plus grand site industriel d’Europe comptant jusqu’à 40 000 employés en 1979.

Trans-stockeur

Avec l’automatisation, le site compte moins de 7000 employés. On s’est arrêté devant un énorme parallélépipède de 25m de hauteur qui est le nouveau trans-stockeur installé en 2022, unique au monde qui gère automatiquement 2 millions de pièces par jour pour alimenter par chariots filoguidés les lignes de montage des 3008 et 5008.

Nous avons maintenant rendez-vous pour la visite de l’église Sainte-Croix qui de l’extérieur a des points communs avec le trans-stockeur visible depuis là.

Cet édifice construit par Marcel Lods disciple de Le Corbusier est réalisé en 1953. Grâce au mur de lumière en verre de différentes couleurs, l’intérieur est très lumineux. Les bancs ainsi que les sièges des prêtres ont été dessinés par l’architecte. Les stations du chemin de Croix sont représentées par des céramiques réalisées par l’artiste ukrainien  Jean Olin.

Après cette visite très intéressante, nous découvrons la Maison du Prince qui date du début du XVIe siècle. Il y a peu d’informations sur cette maison à part dans le livre ¨Les mémoires de la baronne d’Oberkirch¨ qui la mentionne comme une annexe du château d’Étupes, aujourd’hui disparu. Remarquer la demi-fontaine accolée à la façade avec 2 griffons.

Nous continuons vers  le parc des alliaires où des panneaux expliquent comment l’homme modifie la constitution des sols et les solutions naturelles pour les dépolluer.

On pénètre à l’intérieur du musée inauguré en 1988 retraçant l’aventure industrielle de Peugeot commencée en 1810.  Nous profitons de la présence du Père Noël dans sa voiture, qui sur le secteur abandonne ses rennes quelques heures lors de la livraison des cadeaux, pour immortaliser ce moment.

Auparavant, les bâtiments abritaient une brasserie.

On trouve à plusieurs endroits des plaques rappelant que le 16 avril 1943, la ville de Sochaux fut bombardée par environ 150 avions alliés, mais ils se trompèrent de cible, visant l’immense cheminée de la brasserie au lieu des cheminées de chez Peugeot faisant 125 morts, 250 blessés, parmi la population.

Après notre pique-nique pris bien au chaud dans une des salles de l’église, nous partons sur les hauteurs de Sochaux où il reste encore des vestiges d’un fort semi enterré construit par l’ingénieur militaire, Séré de Rivières entre 1876 et 1878. 700 hommes pouvaient y résider.

Sur cette colline, Peugeot avait fait construire plusieurs habitations pour loger temporairement les ouvriers qui venaient majoritairement de Yougoslavie et des pays du Maghreb. Certains ont même emménagé au sein du fort.

Pour terminer la journée, nous avons eu la chance de rencontrer les bénévoles de la ferme pédagogique ainsi que l’initiateur de ce projet qui nous ont fait découvrir leurs activités et certains parmi nous ont retrouvé leur âme d’enfant.

.On quitte le Fort Lachaux par les escaliers empruntés par des milliers d’ouvriers qui menaient directement à la ¨Peuge¨. Tout retard était difficilement justifiable.

De retour au stade Bonal, le temps libre débute, soit par la visite du marché de Noël, soit par un tour au magnifique parc de la Roselière. Pour les inscrits au repas, on se donne rendez-vous à la salle du champ de foire à 19h avec évidemment au menu une saucisse de Montbéliard accompagnant la choucroute.

Fin du reportage au pays du Lion

Texte : Guy Martin
Photos : Michel Perceau – Guy Martin

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