Les chemins partagés 18

Le chemin franc-comtois, en cette année 2020 de Covid19, est beaucoup moins fréquenté que les années précédentes, comme toutes les voies jacquaires. Cependant, les pèlerins qui se risquent à marcher dans notre région ne le regrettent pas.

Récit enthousiaste de Michel Carlier et sa famille

« Chaque année, et pour la sixième fois, nous emmenons nos trois petits-fils marcher avec nous sur les Chemins de Saint Jacques et ce pour une huitaine de jours. C’est ainsi que Augustin (16 ans aujourd’hui), Simeon, (13 ans aujourd’hui) et Barnabé (10 ans aujourd’hui) nous ont déjà accompagnés de St-Jean-Pied-de-Port à Viana sur le Camino Francès (2015), de O’Porrino à Compostelle sur la Voie du Portugal (2016), de Saint-Bertrand-de-Comminges à Lourdes sur la Voie du Piémont Pyrénéen (2017), de Santiago à Fisterra (2018), et, en 2019, du Puy-en-Velay à Alès sur le Chemin de St-Gilles (Regordane).

Un ami pèlerin, Guy Diemunsch, membre de votre association et baliseur, rencontré en 2005 sur la Voie du Puy, nous avait vanté la Franche-Comté et, cette année, nous avons parcouru pendant 8 jours le Chemin entre Secenans et Dole.

Guy nous avait rejoints sur la Loire pour nous accompagner plusieurs jours en 2014 lors de notre pèlerinage depuis la Belgique jusqu’à Compostelle par la Voie de Tours.

Guy habite Aibre, nous a hébergés le soir de notre voyage depuis la Belgique et nous a déposés le 17 août sur le Chemin. Nous n’avons plu eu qu’à suivre les flèches… Arrivés à Dole le 24 août, nous avons immédiatement pris le train vers Montbéliard où Guy nous attendait pour nous ramener chez lui, y loger et pouvoir ainsi reprendre ce 25 août la route de la Belgique.

Nous garderons de cette randonnée de 8 jours en Franche-Comté le meilleur des souvenirs !

Le tracé parcouru nous a réservé de magnifiques surprises. Et surtout la découverte d’une superbe région à travers ses forêts, ses grandes étendues, ses paysages et panoramas magnifiques, ses beaux villages …

Le Chemin n’emprunte que rarement les routes et évite, tant que faire se peut, le goudron et les voitures ! Tout bénéfice pour la découverte de la nature, des animaux, de la flore…

Nous tenons à remercier vivement les équipes de baliseurs ! Rares ont été les hésitations sur la direction à suivre. Les balises sont nombreuses, bien mises en évidence et, visiblement remplacées régulièrement ! (La seule hésitation se situe en forêt de la Serre, avant Gredisans, où des travaux forestiers ont abîmé les chemins, et caché quelques balises… Il nous fallut alors consulter votre petit guide, bien détaillé, pour suivre le bon itinéraire).

Nous n’avons rencontré qu’un seul couple de pèlerins allemands cyclistes et pas de pèlerins pédestres… Nos plus belles rencontres furent toutes les personnes qui nous ont accueillis pour les nuits.

C’est peut-être la seule difficulté rencontrée sur ce beau Chemin : les hébergements sont difficiles à trouver et, faute de gîtes pèlerins, nous avons dû nous rabattre trois fois sur des chambres d’hôtes, magnifiques, mais onéreuses et en dehors du Chemin. Nous avons logé aussi deux fois chez l’habitant et une fois au gîte municipal de Marnay. (L’abbaye d’Acey n’a pas pu nous héberger, l’hôtellerie était complète).

A noter aussi que nous avons fait usage d’un des deux beaux abris installés par votre association pour y pique-niquer (Riche idée d’y mettre des cintres à disposition des randonneurs : nous avons pu y faire sécher nos chemises !)

Enfin, et c’est peut-être le plus important, l’amitié née sur les Chemins avec Guy reste vive malgré les distances et à l’image de celle-ci, les amitiés nées sur les Chemins de Compostelle sont solides, riches et joyeuses !

Nous serons désormais des ambassadeurs des Chemins de Saint-Jacques en Franche-Comté et nous ne manquerons pas de les recommander à tous nos amis pèlerins !

Merci à votre association pour l’aide apportée à cette belle aventure : nous avons reçu rapidement les guides commandés,  ceux-ci sont précis et riches de renseignements. Encore merci aux baliseurs pour le magnifique travail réalisé. Et merci à ceux qui ont tracé ce beau chemin sur la carte : ils ne pouvaient pas mieux choisir l’itinéraire…

Michel et Marie-Françoise Carlier, Augustin, Simeon et Barnabé, pèlerins de Belgique ».

Michel Carlier

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Quittons la région pour Saint-Jean-Pied-de-Port, où France Bleu Pyrénées Atlantiques  a fait un point sur la fréquentation de la ville le 27/08/2020 :

Le pèlerinage de Compostelle s’arrête à Saint Jean Pied de Port cette année

« Les rues de St Jean Pied-de-Port sont bondées en cette fin de mois d’août, on pourrait croire que les mesures sanitaires n’ont rien changé. Et pourtant, quand on entre à la maison du pèlerin, Monique et Jean-Louis Aspirot montrent les chiffres : « Une année normale il passe plus de 2000 pèlerins par semaine, et actuellement c’est 700 par semaine, avec une majorité de Français qui s’arrêtent à Saint Jean Pied-de-Port » argumente Monique Aspirot. « La semaine dernière par exemple, il est arrivé 403 Français et sur ce nombre, 12% sont allés sur l’Espagne ». 

Pourtant, le chemin entre St Jean Pied-de-Port et Roncevaux, c’est l’étape mythique du chemin de St Jacques. Mais pour le responsable de l’association des amis de St Jacques de Compostelle, Jean-Louis Aspirot, les mesures prises côté espagnol ont de quoi calmer des ardeurs : « Les conditions d’admission dans les auberges sont absolument drastiques : obligation de mettre son sac à dos dans des sacs poubelles, de se laver les mains, pas d’accès aux cuisines, chacun doit porter son sac de couchage, pas de couvertures ! C’est uniquement dormir et se doucher et quand on marche c’est avec le masque même dans un petit village de dix habitants, et la police veille et elle est extrêmement sévère ».

Les gens ont besoin de retrouver autre chose

Daniel Arbeletxe tient le petit gîte « Ametzanea » pour les pèlerins à Ostabat. C’est dans ce village que se rejoignent trois des chemins de St Jacques. Il raconte que « on a autant de Français que d’habitude, mais ce qui a manqué c’est les étrangers, Américains, Japonais ou Québécois » et précise que « les Français ont eu besoin de sortir de chez eux et retrouver autre chose. On le voit partout, dans les activités en zone rurale, la coopérative Eztigar qui produit du cidre à côté d’ici, ils n’ont jamais eu autant de visites que cette année ». Et la tendance ne va pas s’inverser, pour le mois de septembre, qui est aussi traditionnellement un gros mois, les propriétaires de gîtes pour pèlerins sentent une baisse : « Les gens ont peur parce qu’on nous dit que la maladie reprend du poil de la bête » rajoute Daniel Arbeletxe.

Si les pèlerins sont moins nombreux, alors pourquoi les rues sont-elles bondées? C’est que les randonneurs du GR10 sont beaucoup plus nombreux cette année, ils remplacent le public de marcheurs du chemin de St Jacques ».

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Pas d’accueil francophone à Compostelle en 2020

Webcompostella communique :

«  Il a bien fallu s’y résoudre…

Début juillet, nous annoncions la non-ouverture de l’accueil des pèlerins  francophones à Santiago pour 2020, nous laissant néanmoins l’hypothèse de revenir sur cette décision au 1er septembre. De nouveau malheureusement, les nouvelles  en provenance d’Espagne et l’évolution de la pandémie d’une manière générale ne nous permettent plus d’envisager cette réouverture.

Pour rappel : Webcompostella est une initiative des Evêques du Chemin en France, cet accueil  soutenu par l’Eglise de Santiago est ouvert sans distinction à tous les pèlerins de langue française ».

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