Texte qui nous a été adressé par Mathias, jeune journaliste allemantd accompagnateur des marcheurs pour la paix
Pour la marche de la paix entre Pforzheim et Gernika, pas de frontière.
Le 23 février 2005, dès le signal du départ et alors que nous traversions le pont Gernika à Pfortzheim, nous avons ressenti une euphorie à la pensée de traverser en 63 jours la moitié de l'Europe physique. Notre optimisme était au plus haut et ne s'est jamais démenti depuis ! Mais qu'est-ce que cette Marche de la Paix ? La ville de Pfortzheim dans la région de Stuttgart et Gernika au pays basque espagnol sont des villes jumelées. Elles le sont pour avoir été bombardées dans la période de la deuxième guerre mondiale. Gernika fût victime le 26 avril 1937 pendant la guerre civile espagnole d'une attaque par la division Condor allemande. Ensuite, Pfortzheim fût la cible des bombardements de l'aviation anglaise, le 23 février 1945. Ces deux journées virent la disparition d'un grand nombre de victimes innocentes. La cruauté de ces actes fût d'autant plus grande que ces deux villes, d'un point de vue militaire ne présentaient pas un intérêt stratégique. En particulier pour Gernika dont les bombardements ont servi à tester de nouveaux systèmes d'armement.
Ces deux villes furent victimes de la guerre. Toutes deux sont aujourd'hui des symboles de l'horreur de la guerre mais avant tout des bienfaits de la paix. Ainsi, s'est présentée cette année l'opportunité de cette commémoration du souvenir. En effet, Gernika a été distinguée l'an passé par l'UNESCO 'Ville de la Paix 2004'. De plus, Pfortzheim célèbre cette année le souvenir du soixantième anniversaire de ses bombardements. Notre marche se situe dans le temps entre les deux dates des attaques, du 23 février au 26 avril.
Pendant les 63 jours de la marche, un groupe de marcheurs des deux régions cheminera vers Gernika, empruntant la plupart du temps les chemins vers Compostelle. Ce sont au total, approximativement 2055 kilomètres. Quatre basques marcheront sur l'ensemble du parcours. Le reste du groupe, consiste en équipes de marcheurs basques-allemandes qui se relaient chaque semaine.
Suite à la traversée de la région du Baden en Allemagne, pendant quatre jours, puis l'entrée en Alsace par Strassbourg, nous avons atteint la Franche-Comté.
Les marcheurs étaient légèrement anxieux en arrivant à Angeot. Le groupe venait de quitter Thann aux bons soins de l'excellente organisation de l'association du Chemin de Compostelle des alsaciens. Chacun se posait la question de savoir comment se passeraient les choses en Franche-Comté. L'association franc-comtoise avait-elle préparé notre arrivée ? Les marcheurs auraient-ils encore la chance de se faire accompagner par des amis français ? Un peu dans l'incertitude, notre groupe attendit dans la salle des fêtes d'Angeot l'arrivée d'André Ethevenaux, le président de l'association franc-comtoise du chemin de Compostelle, avec lui, Elisabeth Garnier et plusieurs autres compagnons de l'association. Rapidement, nous nous sommes aperçus que notre groupe était attendu. Que l'association, en particulier Mme Garnier, s'était efforcée d'organiser notre passage dans la région. d'excellente manière comme nous avons pu le constater les jours suivants.
Par ailleurs, en Franche-Comté, les Marcheurs de la Paix ont été accueillis dans la plus grande cordialité. Comme cette première soirée ou nous avons été reçus, à 16 personnes pour le dîner et la nuit chez des amis accompagnateurs de Bourg-sous-Châtel. Ça n'allait pas de soi, comme ce qu'avait aussi préparé l'association pour les jours suivants.
Par exemple, pour les étapes de Couthenans et Bournois, l'hébergement retenu à la Ferme d'Isidore à Villers/Saulnot. Puis le 12 mars, pour l'étape de Marnay, c'est Nicolas Rigolet lui aussi membre de l'association qui nous a hébergé dans son gîte après une belle réception par la ville de Marnay.
Surtout, n'oublions pas ceux qui à côté des repas et de l'hébergement, nous ont accompagnés pour le plus important...la marche ! Qu'il s'agisse d'étapes entières, de quelques kilomètres et ceci pendant presque une semaine. Nous avons toujours eu un accompagnateur, n'aurait-ce été que pour nous enseigner le chemin. Ainsi Jacques Sutter pour la partie sud du chemin franc-comtois, dont il est responsable. Il a entre autres procuré aux marcheurs quelques cartes pour randonneurs.
Finalement, le groupe a pu traverser la Franche-Comté en sécurité et sans encombre. A l'instant où j'écris ces lignes, les marcheurs sont à 30 km.de Cluny...une journée de marche. Ils auront bientôt la Bourgogne derrière eux. Pourtant, ils aiment évoquer le temps qu'ils ont passé en Franche-Comté. Ils pensent aux précieux renseignements reçus, aux nombreux monts et collines, aux fromages...Mais par-dessus tout, nos marcheurs se souviennent d'une chose : de ceux et celles, nombreux, si sympathiques dont la disponibilité a énormément surpris tous ceux de notre groupe. Merci la Franche-Comté.
Pour plus de précisions vous pouvez consulter le site :
- www.bakearenbidea.org